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14.06.2006 / AGRICULTURE , PêCHE ET ENVIRONNEMENT VINGT ET UNIEME RAPPORT ANNUEL

L'Office des Terres Domaniales

L'extrait de mission
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L'Office a pour mission la gestion des terres domaniales à vocation agricole. L'Office dispose d’environ 156 mille hectares répartis sur tous les Gouvernorats de la République et qui sont exploités essentiellement dans l'oléiculture et autres arbres fruitiers, ainsi que dans les grandes cultures et les pâturages. L'activité de l'Office est basée aussi  sur l'élevage  et l'aviculture. 

Depuis sa création, l'Office a joué un rôle important dans  l’instauration  des fondements de l’agriculture moderne. Il a également constitué durant les années 70 et 80 un pôle de rayonnement pour les agriculteurs privés. Toutefois, ce rôle a régressé à partir des années 90 en raison de l'importance de ses dettes et la vétusté  de ses moyens de production.

1- La situation financière et organisationnelle de l'Office

L'Office connaît un déséquilibre financier qui a affecté la cadence de ses investissements. Ces derniers n’ont pas dépassé 58 % des prévisions du contrat programme pour la période 2002-2006 (hors élevage). La faiblesse des investissements a engendré le vieillissement des moyens de production affectant ainsi la rentabilité de la plupart des activités.

D'un autre côté, l'organigramme n’inclut pas les agro combinats et les unités de production. De même, le manuel de procédure ne couvre pas toutes les activités de l'Office.

En outre, les données servant à la programmation et au suivi des différentes activités ne sont pas arrêtées selon des critères écrits et actualisés.

D'autre part, l'Office ne procède pas régulièrement à l'évaluation de la gestion des agro combinats et des unités de production et à l’adoption des mesures  nécessaires en cas de sous production.

2-la production végétale

Au niveau de la production céréalière, il a été constaté que, durant la campagne agricole 2003/2004, l'Office n'a réalisé que 84 % de la production prévue, enregistrant ainsi une régression par rapport à la campagne précédente.

Cette situation s’explique, essentiellement, par la faiblesse du rendement enregistrée en raison de la non application de l'assolement dans certains agro combinats et le non respect de certaines normes techniques spécifiques aux différentes étapes de la production ainsi qu’à l'insuffisance des ressources en eau.

Quant aux oliviers, la majorité des arbres a atteint un âge avancé. De même, il a été constaté que, deux ans après l'élaboration du plan décennal de rajeunissement, l'Office était encore dans la  phase de l’étude des procédures de sa mise en application.

En outre, un retard a été enregistré dans la réalisation des travaux relatifs à l'entretien des plantations au cours de la campagne 2003/2004. Cette situation conjuguée au phénomène de saisonnement, a contribué à une régression de la production d’olives pendant  la campagne 2004/2005, comparée à celle réalisée précédemment. 

Pour sa part, le taux d'extraction d'huile à l'Office n'a pas atteint la moyenne nationale. Le manque de production pendant les deux campagnes 2002/2003 et 2003/2004, est estimé respectivement à 132,8 et 160,7 tonnes.

En ce qui concerne les autres arbres fruitiers, la production des agrumes, des pommes et des raisins n'a pas dépassé au cours de la campagne agricole 2003/2004 respectivement 62 % et 61% et 65 % des prévisions en raison d’un rendement relativement modeste imputable au vieillissement des plantations et à l'insuffisance des ressources en eau ainsi qu'au manque de fertilisation et au retard dans la réalisation de certains travaux agricoles.

D'autre part, l'Office ne procède pas au suivi périodique du niveau de la nappe phréatique et de la salinité du sol dans les périmètres irrigués. Les périmètres irrigués, notamment ceux situés dans les agro combinats du Nord, n'ont pas été équipés par des canaux et des fosses d'évacuation des eaux, ce qui risque d’augmenter la salinité et l’hydromorphie.

3- la production animale :

En ce qui concerne le bétail, il a été constaté que les étables, devenues vétustes,  ne garantissaient pas la protection des animaux contre les conditions climatiques. Cette situation est à l’origine de l'augmentation des taux d'avortement  et de mortalité ainsi que de la diminution  de la fertilité.

Il a été également relevé que la ration fourragère n'était pas équilibrée, ce qui est de nature à affecter la production de lait et de viande ainsi que la croissance et la fertilité.

En conséquence, les objectifs fixés par les contrats programmes en matière d'accroissement du cheptel de vaches laitières et de veaux engraissés n’ont pas pu être réalisés.

Il s'est avéré, de plus, que plusieurs agro combinats produisent des génisses pleines non conformes aux normes techniques prescrites par le cahier des charges national. Ceci a été à l’origine de la réduction des quantités de lait produites entre 1997 et 2004 avec des disparités de rendement d'un agro combinat à un autre.

En matière d'aviculture,  la moyenne de production des œufs, au cours des deux campagnes 2002-2003 et 2003-2004, n'a pas atteint le rendement fixé dans le guide de l'aviculture, engendrant ainsi une insuffisance de revenus pour l’Office. De même, le poids moyen des poulets de chair n'a pas atteint les indicateurs prévus dans le même guide, en raison de la vétusté des poulaillers et de leurs équipements, de l’augmentation du taux de mortalité et de la qualité des aliments utilisés.

4- La commercialisation des produits de l'Office et leur valorisation :        

Outre son manque de compétitivité dû au coût élevé de production et au rendement faible, l'Office ne dispose pas d'une stratégie efficiente pour la valorisation de ses produits, notamment par l'amélioration des modes d’exposition. Ceci a entravé la réalisation des objectifs du contrat programme relatif à la période 2002-2006.

En ce qui concerne les ventes d'œufs destinés à la consommation, il a été relevé que les prix moyens de vente sont inférieurs à ceux figurant dans la liste du groupement interprofessionnel des produits avicoles.

L'Office a rencontré également des difficultés dans la commercialisation des poulets de chair, par manque de compétitivité, ce qui s’est répercuté sur  le taux d'exploitation de l'abattoir.

Quant aux viandes rouges, l'Office gagnerait, d’une part, à valoriser davantage ses produits par l'augmentation de la moyenne du poids des veaux engraissés commercialisés et d’autre part, à comprimer le coût de production et ce, afin d'améliorer les prix moyens et de réduire les pertes enregistrées dans ce domaine.

 
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