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23.06.2007 / SANTé ET AFFAIRES SOCIALES VINGT DEUXIEME RAPPORT ANNUEL

L’hopital Universitaire hedi Chaker a sfax

Les réalisations enregistrées par l’Hôpital Universitaire Hédi Chaker à Sfax, dans le cadre du projet d'appui à la réforme hospitalière, ont contribué à l’amélioration des prestations servies. Toutefois, de nombreuses insuffisances persistent et sont de nature à affecter la gestion de l’établissement dans les divers aspects techniques, administratifs et financiers. Les travaux entrepris par la Cour ont concerné la période 2002-2006.

 1- Organisation et système d’information

En dépit de l’impact qui leur est reconnu, dans le cadre du projet de réforme hospitalière, en matière de développement des techniques de gestion et d’évaluation, les fonctions d’audit interne, de comptabilité analytique et de contrôle de gestion sont demeurées somme toute marginalisées.

Par ailleurs, les procédures en vigueur à l’Hôpital ne donnent pas lieu à penser que l’établissement dispose d’une marge suffisante d’autonomie, ses actes de gestion étant, dans la  majorité des cas, soumis à l’accord préalable de la tutelle, qui tarde d’ailleurs, en général, à notifier à l’entité ses avis ou à lui émettre ses instructions. Cet état de fait appelle un réexamen de la répartition des rôles entre l’établissement et le département de tutelle.

D’un autre côté, l’Hôpital n’est pas parvenu à mettre en place un système d’information intégré assurant la collecte et la saisie des données nécessaires pour les besoins de la gestion de l’établissement et de l’évaluation de ses performances. Ainsi, l’usage de l’informatique n’a pas été étendu à l’ensemble des services et le dossier médical du malade n’a pas été informatisé. Ces insuffisances sont de nature à faire obstacle à une gestion rationnelle du stock de médicaments et  des accessoires médicaux, à la facturation systématique des services rendus aux malades et à l’effort tendant à éviter de refaire, pour le même patient, les mêmes analyses, examens et explorations.

Le faible développement de l’informatique à l’Hôpital est inhérent au fait que l’établissement est demeuré tributaire du Centre Informatique du Ministère de la Santé Publique, pour ce qui est des applications et des prestations.

Sur un autre plan, la préparation et la révision des états financiers, qui constituent une source importante d’informations, ont accusé un retard approchant, pour certains exercices,                     8 années. Ce retard est, en grande partie, imputable au manque d’agents spécialisés ; il fait suite  aux délais pris par ailleurs, pour l'établissement de l’inventaire physique des actifs de l’établissement et est lui-même induit par les limites relevées au niveau des applications informatiques.

2-  Activité hospitalière et prestation de services

Si le développement de l’activité d’hospitalisation de jour n’a pas donné lieu à une réduction du nombre de jours d’admission classique, il a néanmoins concouru à l’amélioration de quelques autres indicateurs de l’activité hospitalière, tel notamment celui relatif à la compression des coûts. Cette activité devrait être renforcée quand les conventions conclues avec les caisses de sécurité sociale viendraient à s’étendre et à couvrir l’ensemble des spécialités.

 

D’autre part, le taux d’occupation des lits a atteint 87% en 2005, et  chaque lit a été en moyenne occupé, durant les cinq dernières années, par 40 malades. Il est à signaler toutefois que de tels indicateurs varient selon les spécialités, ce qui appelle à un réexamen de la capacité de chaque service et son adaptation en fonction du flux des malades afin d’éluder le problème de l'encombrement de certains services et celui de la sous-exploitation dans d’autres.

En matière de prestations hospitalières, certains services de l’Hôpital ne disposent ni de locaux suffisants ni de conditions adéquates ni d' équipements et outils appropriés pour assurer leurs prestations, ce qui met parfois l’établissement dans l’obligation de transférer les cas d’urgence aux hôpitaux de Tunis, Monastir et Mahrès.

 Sur un autre plan, l’amélioration des prestations hospitalières est tributaire de la disponibilité des équipements et de leur renouvellement moyennant des fréquences préétablies. Or, il a été relevé que l’Hôpital fait encore usage d’équipements datant de plus de 10 ans et dont  la surexploitation  a été à l’origine de pannes fréquentes. Par contre, d’autres équipements sont demeurés inexploités au-delà de l’extinction de leur délai de garantie.

S’agissant de l’hygiène et de l’attention primordiale qu’elle requiert, il a été relevé de nombreuses faiblesses et défaillances ayant trait à la propreté du milieu hospitalier, à l’aseptisation de l’équipement des services et aux conditions de préparation et de service des repas aux malades ainsi qu’à la coordination et au suivi.

3- Gestion des médicaments et des accessoires médicaux

L’absence d’une gestion saine de la pharmacie interne a conduit à des manques fréquents et non justifiés de médicaments.

De même, il a été relevé au niveau des différents services hospitaliers, des cas de négligence et de dysfonctionnement dans l’organisation de la gestion des médicaments et accessoires médicaux, ce qui fait obstacle à une rationalisation de leur consommation.

 4- Gestion financière

Outre le retard mis dans sa préparation et son approbation, le budget de l’Hôpital ne traduit pas les besoins réels nécessaires à l’accomplissement de sa mission dans les meilleures conditions possibles. Ces raisons expliquent le déséquilibre financier permanent auquel fait face l’Hôpital et qui est à l’origine de l’accumulation de ses dettes.

A également contribué à aggraver le déséquilibre financier de l’Hôpital, la non facturation systématique de toutes les prestations servies. Le manque d’intérêt accordé à cette question est manifeste dans la mesure où il n’y a eu ni affectation de régisseur dans les différents  services  ni renforcement de la fonction d’audit interne ni observation des dispositions de l’arrêté conjoint des Ministres des Finances et de la Santé Publique du 19 décembre 1996 prescrivant l’acquittement par le malade, d’une avance sur frais d’hospitalisation.
 
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